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CPGE Scientifiques
2011-2012

Les Choéphores et Les Euménides

  • Auteur de l'analyse : Marie Saint-Martin
  • Nombre de pages : 56 p.
  • Sous catégorie : Résumé et analyse de l'œuvre

Les Choéphores et Les Euménides

Téléchargez au format PDF le résumé de l'oeuvre, sous forme de lecture suivie, ainsi qu'une analyse synthétique de l’œuvre  Les Choéphores et Les Euménides de Eschyle, rédigés par Marie Saint-Martin, professeur, agregée de lettres classiques.  Au programme de l’épreuve de français-philo des concours CPGE scientifiques 2011-2012.

Introduction

Le mythe des Atrides : la race de Tantale
Athènes classique
La tragédie grecque
Eschyle (vers 526-456 av. J.-C.)

Les Choéphores : lecture suivie

I. Autour du tombeau d’Agamemnon
II. La vengeance

Les Euménides : lecture suivie

I. La traque
II. Le procès

Synthèse

Dieux antiques, dieux nouveaux et la loi du talion
Justice et équité
Pardon et justice

Indications bibliographiques

Extrait de l’analyse et du résumé de l'oeuvre Les Choéphores et Les Euménides de Eschyle, rédigés par Marie Saint-Martin.

 Les Choéphores : lecture suivie

I. Autour du tombeau d’Agamemnon

 

Le retour du vengeur (1-83)

La fin d’Agamemnon a annoncé l’arrivée d’un vengeur, l’ouverture des

Choéphores le voit revenir d’exil. Sept ans se sont écoulés, l’enfant

est devenu un jeune homme prêt à venger son père. Le prologue le

voit arriver sur sa terre d’Argos en compagnie de Pylade (personnage

muet dans presque toute la pièce). L’appel d’Oreste à son père s’agrémente

des offrandes traditionnellement apportées aux morts : Oreste

se coupe une boucle de cheveux en signe de deuil. Pendant ce rite,

arrivent les femmes qui constituent le choeur : les Choéphores, mot

qui signifie « porteuses de libations », entrent par la parodos.

La question de la justice se trouve thématisée dès ce début et liée

aux morts : si Oreste offre les offrandes qu’il convient, on apprend

déjà que cela ne suffit pas, parce que le mort n’est pas un mort « normal ».

Les rites n’ont pas été accomplis de manière complète (ils ont

même été pervertis, ce que nous apprendra la suite). Dans la strophe

suivante, on retrouve différents signes de deuil typiques : les femmes

se lacèrent le visage avec les ongles, se frappent la poitrine, elles poussent

des sanglots, arrachent leurs vêtements. Le constat que « toute

joie a fui » est lui aussi topique (commun) dans la bouche de pleureuses

qui se lamentent sur la mort d’un homme ; le lieu commun est

toutefois ici remotivé, parce que cette mort est particulièrement terrible

– le spectateur peut en témoigner, qui vient justement d’y assister

dans la pièce précédente.

 

L’antistrophe 1 confirme que l’on se trouve face à une douleur

anormale, provoquée par une mort particulièrement douloureuse,

parce qu’injuste. L’ensemble de l’antistrophe est animé par la question

de la vengeance, que vient nourrir le vocabulaire de l’épouvante :

la terreur est tombée sur le palais, suite à un rêve envoyé par le « devin

des rêves » (selon Paul Mazon, ce prophète est le remords ; on peut y

voir également le dieu qui parle aux hommes par la voie des rêves, et

leur annonce l’avenir). La situation ressemble à celle que l’on trouve

en ouverture de l’OEdipe-roi de Sophocle (entre 430 et 415 av. J.-C.) :

une souillure non éliminée provoque un châtiment des dieux, et met

la cité en péril. Dans l’OEdipe, le signe que les dieux envoient pour

manifester leur colère est la peste ; ici, c’est un songe. Dans les deux

cas, les dieux expriment leur mécontentement que la cité n’ait pas

été purgée de la souillure. Contrairement à ce que la strophe 1 pouvait

laisser penser, cette lamentation funèbre n’est pas conforme à

la norme : l’antistrophe fait régner la peur et montre que justice n’a

pas été faite de cette mort. Le rêve est un signe qui « souffle la vengeance

» : il annonce cette vengeance à venir et, peut-être, constitue

déjà une part de cette vengeance, sous la forme du remords. Les morts

se plaignent et s’irritent contre les meurtriers impunis. Le malheur qui

s’abat sur le palais, sous la forme de ce rêve de mauvais augure, arrive

donc suite à un meurtre, comme juste rétribution d’un crime.

 

La strophe 2 montre les efforts de Clytemnestre, la meurtrière qui

a fait le rêve, pour tenter de se libérer de cette angoisse, et soulève une

question délicate : peut-on racheter les crimes par des offrandes

au mort ? Le meurtrier, par ses remords, peut-il être absous si justice n’a

pas été faite ? La terre est malheureusement là pour témoigner. Cette

puissance chtonienne (« de la terre ») peut être rapprochée des Érinyes :

c’est une déesse ancienne, plus ancienne que les Olympiens, appelés

ouraniens parce qu’ils vivent dans le ciel. Ces puissances archaïques

sont toutes deux du côté d’une justice clanique, familiale, qui s’exprime

par la loi du talion. Le poète rappelle ici combien la mort d’Agamemnon

peut être interprétée comme une perversion de ce rite important

qu’est le sacrifice chez les Grecs, un rituel dans lequel l’on consacre à

un dieu une offrande, animale ou végétale, au cours d’une cérémonie

très codifiée. Lorsqu’il s’agit d’un animal, le sang que l’on verse coule

vers la terre en libation, tandis que les fumets qui sortent des chairs

cuites s’adressent aux dieux ouraniens. Dans le cas d’Agamemnon, la

terre a bu le sang répandu sur le sol, libation impie, et elle demeure

un témoin implacable de ce meurtre qui l’a souillée : le sacrifice contre (...)

 

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27-07-2011 Tam .... Super résumé !

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