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CPGE Scientifiques
2011-2012

Les Raisins de la colère

  • Auteur de l'analyse : Annie Urbanik-Rizk
  • Nombre de pages : 52 p.
  • Sous catégorie : Résumé et analyse de l'œuvre

Les Raisins de la colère

Téléchargez au format PDF le résumé de l'œuvre -sous forme de lecture suivie -ainsi qu'une analyse synthétique de l’œuvre  Les Raisins de la Colère de Steinbeck, rédigés par Annie Urbanik-Rizk, professeur  agrégée en classe préparatoire aux grandes écoles.
Au programme de l’épreuve de français-philo des concours CPGE scientifiques 2011-2012.

Introduction............................................................................... 55
Étude de l’œuvre 1. Un cadre surnaturel à l’arrière-plan ...................................... 65
2. Le personnage de Macbeth .................................................... 70 3. Lady Macbeth ........................................................................ 83 4. La nuit et le sommeil impossible ........................................... 89 5. « Macbeth ou le cauchemar d’un enfer conscient »............... 92 6. La subversion de l’ordre par un tyran usurpateur .................. 97 7. Le Prince.............................................................................. 104 8. L’abîme du mal .................................................................... 110 Conclusion............................................................................... 118 Bibliographie ........................................................................... 119

Introduction

Rappels historiques

  • Contexte historico-littéraire
  • Contexte biographique

Étude suivie des Raisins de la colère

  • Structure du roman
  • Première partie : la sécheresse et les préparatifs de départ (chapitres 1 à 11)
  • Deuxième partie : le voyage vers la Californie (chapitres 12 à 19
  • Troisième partie : l’arrivée en Californie (chapitres 20 à 30)

Étude synthétique

  • Les personnages : les Joad et la famille humaine
  • La veine réaliste : un roman historique ou un mythe pastoral ?
  • Le symbolisme biblique : une oeuvre épique ? Une oeuvre poétique ?
  • Une oeuvre engagée ? Un roman social ?
  • Transpositions artistiques
  • Cinéma
  • Peinture
  • Chansons populaires

Indications bibliographiques

1. Un cadre surnaturel à l’arrière-plan
1.1. Les sorcières et le surnaturel dans Macbeth
Tragédie sanglante où les événements décisifs profitent de la nuit enve- loppante pour instiller le mal là où régnait un ordre – ordre juste sous Duncan –, Macbeth se déroule au milieu des brouillards et des brumes, sur les landes désertiques d’Ecosse balayées par les vents et par les tem- pêtes sifflantes. La pièce commence en effet dans le tonnerre et les éclairs, cadre de l’apparition des trois sorcières, indissociables des forces élémentaires. Les sorcières sont les premiers personnages qui apparais- sent, et leur présence entoure d’une atmosphère mystérieuse tout ce qui suit. Pluie, vents, tempête, brume et air souillé, mauvais (I, 1,11). For- mes fantasmagoriques de l’univers, souffle qui se fond dans le vent, ces êtres étranges sont à l’image des bulles qu’elles mijotent dans l’alchimie de leurs chaudrons (acte IV). Elles donnent corps – un corps certes très subtil et fugace, le corps du rien maléfique et diffus – aux forces du mal qui s’épandent partout dans l’univers. Leur prophétie va les faire se con- centrer sur Macbeth et lady Macbeth et « le charme va se faire » (I, 3, 37).
Entre alors en scène Macbeth qui dit, en écho aux paroles des trois sœurs :
« Un jour si noir et si clair, je n’en ai jamais vu. »
(I, 3, 38)

Extrait de l’analyse et du résumé de l'oeuvre Les Raisins de la colère de Steinbeck

Étude suivie des Raisins de la colère

 

Structure du roman

Steinbeck ne se contente pas d’être journaliste ou chroniqueur pour

témoigner des difficultés économiques des paysans expropriés en

route vers l’Ouest. Il crée un monde imaginaire dont la force est d’autant

plus vive qu’il fait écho, sous forme de reprises et de parallèles

particuliers aux fresques générales qui alternent avec les chapitres

vraiment narratifs. L’impression est celle de l’expansion, puis de

la concentration et confère à l’ensemble un rythme vital.

Par ailleurs, ce n’est ni l’intrigue ni le suspense, plutôt pauvre,

qui intéressent le lecteur. La force du roman, c’est celle de la longue

marche des miséreux en quête d’une vie meilleure, décrite avec

un souffle poétique qui se combine avec la précision réaliste des

références économiques et politiques. Fourmillant d’épisodes, le

roman est néanmoins composé avec la simplicité d’une tragédie

en trois actes.

 

D’un côté, sur un total de trente chapitres, quatorze chapitres

sont consacrés à l’histoire de la famille Joad, rédigés selon un principe

réaliste avec des dialogues souvent truculents. De l’autre, les seize

chapitres dits « intercalaires » plus diversement écrits qui évoquent

la description précise d’une société ancienne détruite par l’industrialisation

et le pouvoir des banques. Apportant bien plus qu’une valeur

explicative ou documentaire, ils servent à mettre en perspective

l’aventure individuelle d’une famille et lui confèrent une portée universelle.

Les chapitres intercalaires ne représentent cependant qu’une

centaine de pages, soit un sixième de l’ensemble.

 

Le premier chapitre intercalaire a pour intérêt de placer l’histoire

de la famille Joad, dépossédée à la fois de ses terres et de sa

dignité, dans le cadre d’une histoire humaine plus vaste. D’emblée le

ton est universel, dans les chapitres ultérieurs, il sera plus historique

et politique.

 

Première partie : la sécheresse et les préparatifs de départ (chapitres 1 à 11)

 

Chapitre premier

La sécheresse envahit l’État de l’Oklahoma dès le début du mois de

mai. Un nuage de poussière imprègne tout et oblige les hommes à

porter un mouchoir sur le nez ainsi que des lunettes. Hommes et

femmes sont en attente et n’ont rien d’autre à faire que de se demander

comment ils vont survivre. « Qu’est-ce qu’on va faire ? » Rien

de mal ne peut arriver si les hommes tiennent le coup, se disent les

femmes et les enfants qui retournent à leurs occupations pendant que

les hommes examinent les maïs desséchés sur pied.

Dès le premier chapitre, le ton épique est mis en place sur le

mode biblique, avec la mise en scène des éléments naturels, la sécheresse,

et les tempêtes de sable à l’origine première des migrations des

populations vers l’Ouest. Ce désastre est décrit sur un ton apocalyptique,

en terme de cycle vital, de retour à la stérilité ocre de la terre,

qui vient faire suite à la verdure et à la fertilité. Devant l’adversité, les

hommes sont contraints de s’unir autour du groupe et de la famille

et de faire face à cette plaie qui semble leur être infligée par quelque

force supérieure.

 

Chapitre 2

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