Préparer son oral - épreuve de Français-philo prépas scientifiques 2011-2012
1. Présentation de l’épreuve
Diversité des épreuves
Tous les concours ne comportent pas une épreuve orale de français. Il est nécessaire de s’être exercé à l’oral afin d’affronter sereinement les épreuves proposées par les grandes écoles.
Nous ne pouvons répertorier ici tous les types d’oraux que vous pouvez rencontrer. C’est pourquoi il faut absolument vous renseigner précisément sur l’oral de l’école à laquelle vous vous présentez, d’autant que les épreuves sont aussi différentes selon les séries et peuvent changer, chaque école étant souveraine en la matière.
Voici les cas les plus fréquents :
- analyse ou bref résumé d’un texte portant ou non sur le programme de l’année, suivi d’un développement sur une problématique choisie dans le texte et d’un entretien avec le jury ;
- entretien de motivation ;
Le temps de préparation est variable, mais il est généralement d’une demi-heure.
Choix des textes :
- Les textes proposés à l’École Navale sont littéraires.
- Les textes proposés à Mines-Pont sont des textes argumentatifs contemporains.
- Les textes proposés à l’Ensam sont tirés du programme des deux années. Veillez à vous remémorer le programme de l’année précédente.
Qualités exigées
Quelle que soit la forme de cet oral, les mêmes qualités sont attendues : qualités de compréhension face à un texte, logique et capacité d’organiser ses idées et à construire un discours solide et argumenté, finesse des raisonnements et originalité de la pensée, qualité de l’expression orale. On jugera également la qualité de votre culture qu’il ne s’agira par pour autant d’exhiber mais d’utiliser intelligemment. On appréciera aussi votre aisance face à un public. Mais, attention, l’oral n’est pas un écrit lu. Vous devrez improviser vos phrases à partir d’un canevas au brouillon. Il n’est pas question de rédiger quoi que ce soit. Faites des brouillons clairs, sur une seule face de vos feuilles, soulignez, encadrez, faites des gros titres, utilisez des couleurs. Il faut qu’un simple et rapide coup d’œil sur vos papiers vous permette de vous repérer, de savoir où vous en êtes et de ne pas perdre pied.
Parlez lentement, d’une voix forte. Évitez le ton interrogatif permanent qui traduit une quête d’approbation et donc un manque d’assurance. Ne vous préoccupez pas des réactions des membres du jury, ne cherchez pas à les interpréter. Veillez toujours à finir vos phrases et à ne pas utiliser de termes familiers. Ne gardez pas le nez penché sur vos papiers, regardez vos interlocuteurs.
À ce titre, prenez très au sérieux les « khôlles » que vous passez pendant votre préparation, en principe trois en mathématiques supérieures et deux en mathématiques spéciales. Les khôlles sont l’occasion de faire le point sur une question secondaire ou un problème plus général nés de la lecture des œuvres. Surtout faites un plan qui vous permettra d’exposer au mieux votre pensée. Les khôlles sont une préparation aussi bien à l’oral qu’à l’écrit.
2. Exemple du déroulement et des modalités d’une épreuve orale
Analyse-Développement-Entretien (Oral Mines-Pont)
L’épreuve dure une heure: une demi-heure de préparation pour laquelle vous disposez d’un dictionnaire, une demi-heure de passage qui comprend trois étapes.
Analyse (10 minutes)
• Définition de l’exercice
Une analyse n’est pas un commentaire, c’est une contraction. Elle s’apparente donc à un résumé. Elle doit être courte et concise et aller droit à l’essentiel. Comme le résumé, elle supprime les exemples sauf s’ils sont indispensables au raisonnement. La différence avec le résumé réside dans la position occupée face au texte : dans le résumé, vous prenez la place de l’auteur ; dans l’analyse vous restez extérieur et descriptif. Vous pouvez alors vous permettre de dire « l’auteur dit que... ». Vous n’êtes plus tenus de suivre la linéarité du texte. Vous devez au contraire en faire ressortir les mécanismes et la logique. Vous pouvez modifier l’ordre des idées, en les replaçant par exemple par ordre d’importance ou bien en commençant par la thèse, puis en montrant les arguments qui la servent. Cependant, ce remaniement doit obéir à une logique. Il ne s’agit pas de mélanger les idées seulement pour s’écarter de la linéarité. Vous pouvez réorganiser le texte en grands axes qui feront apparaître les principaux problèmes qu’il soulève.
• Conseils pratiques
Durant le temps de préparation, lisez de façon active votre texte (voir les conseils pour le résumé). Repérez le nom de l’auteur, le titre de l’ouvrage, l’année de publication. Tous ces indicateurs pourront vous aider à situer et à présenter le texte. Cherchez ensuite le fil conducteur, l’idée principale en vous demandant quelles sont les intentions de l’auteur. Identifiez les différentes parties et les articulations. Pensez rapidement à des axes possibles ou à un ordre qui vous permettra de présenter logiquement ce texte. Surtout ne rédigez pas votre analyse.
À partir de votre plan, vous improviserez et vous n’en serez que plus naturel.
Si vous avez des difficultés à trouver un plan vous permettant de rendre compte du texte vous pouvez adopter celui-ci utilisable dans la plupart des cas :
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Problème posé par le texte ;
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llustration de ce problème (exemples utilisés dans le texte) ;
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Causes de ce problème selon l’auteur ;
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Conséquences éventuelles selon l’auteur ;
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Solutions apportées par l’auteur.
•À éviter
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La paraphrase ;
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Une description purement formelle des liens logiques sans étude du contenu ;
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Les appréciations personnelles et les références extérieures au texte.
Développement (10 minutes)
On dégagera du texte une question, un problème qu’il soulève, et on en discutera de façon organisée. Il est, en effet, nécessaire de faire preuve de qualités de méthode. Il faut éviter le bavardage « à bâtons rompus ». Proposez-vous un sujet de discussion clair et suffisamment important. Analysez-le comme vous le feriez pour un sujet de dissertation et ébauchez les grandes lignes d’un plan. Essayez ensuite de développer vos idées à l’oral en suivant votre logique de départ. Ne vous contentez jamais d’affirmer: démontrez, argumentez. Posez-vous toujours la question : « pourquoi ? ». Si vous partez d’un constat, passez ensuite aux causes et aux éventuelles solutions. S’il s’agit d’un problème, illustrez vos propos en vous servant de vos connaissances personnelles, de votre culture au sens large. Ne vous contentez pas de banalités, approfondissez. Enfin, terminez par une conclusion bilan qui rappellera les grands axes de votre développement. On attend de vous une prise de position nette et personnelle.
L’entretien (10 minutes)
Il est conduit par l’examinateur. On pourra vous poser une ou deux questions de vocabulaire, et vous demander de préciser ou d’approfondir certains éléments de votre réflexion. N’éludez pas les questions posées. Elles ne sont jamais malveillantes.




